L’agroforesterie désigne l’ensemble des pratiques agricoles qui intègrent l’arbre dans l’environnement de production, et s’inspirent, en termes agronomiques, du modèle de la forêt. Face aux enjeux climatiques, cette pratique ancestrale permet une meilleure utilisation des ressources, une plus grande diversité biologique et la création d’un micro-climat favorable aux cultures et à l’élevage.

 

Une agroforesterie plurielle

L’agroforesterie désigne les pratiques associant arbres, cultures et/ou animaux sur une même parcelle agricole, en bordure ou en plein champ. Elle comprend des systèmes variés telle que agro-sylvicoles mais aussi sylvo-pastoraux, pré-vergers (animaux pâturant sous des vergers de fruitiers), etc. De nombreuses associations entre arbres et cultures ou pâtures sont ainsi imaginables.

Les systèmes agroforestiers sont ancestraux, divers et présents dans le monde entier. Cultiver avec les arbres combine aujourd’hui l’innovation, le savoir-faire et un retour à l’évidence. Si les premiers projets de recherche en France consistaient surtout à réaliser des alignements d’arbres monospécifiques au milieu des cultures, l’agroforesterie telle qu’elle est reconnue et développée aujourd’hui intègre pleinement les haies et actualise les savoir-faire paysans. L’arbre est un outil de production et d’aménagement profitable à toutes les échelles, sur tous les sols, pour tous les enjeux de territoire Des études de l’INRAE, l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, ont montré que l’on produisait plus en associant arbres et cultures qu’en séparant les deux.

 

L’arbre, un maillon des chaînes de production et de protection

L’agroforesterie engendre de nombreux bénéfices pour les agriculteurs. Elle permet d’améliorer les capacités de production agricole, de sortir de la précarité énergétique et une diversification des produits et des revenus avec les fruits, le fourrage et les nombreux usages du bois.

La culture incluant l’arbre devient une composante essentielle du projet agro-écologique pour la France, contribuant également à l’initiative « 4 pour 1000 », par enrichissement du sol en matières organiques, et stockage du carbone par les différentes parties des arbres associés aux cultures ou à l’élevage.

Quelques exemples de bienfaits :

  • EAU : les racines des arbres filtrent l’eau dans les profondeurs du sol, limitant les pollutions dans les nappes.
  • SOL : la biomasse des arbres, riche en lignine, contribue à former un humus stable et fertile.
  • CLIMAT : les arbres créent un micro-climat à l’échelle de la parcelle (ombre, actions brise-vent). Ils protègent cultures et animaux des excès climatiques (chaud, froid, tempête, inondation, sécheresse). Ils stockent du carbone, et réduisent les émissions de gaz à effet de serre.
  • BIODIVERSITÉ : les arbres structurent des habitats semi-naturels, qui abritent une faune et une flore diversifiées indispensables à l’agriculture (pollinisation, lutte contre les ravageurs). Ils créent des ressources et maintiennent une trame écologique, évolutive dans l’espace et dans le temps.

L’info en plus : Il n’existe pas à ce jour de produits « agroforestiers » valorisés comme tels, même si plusieurs filières d’élevage intègrent l’arbre dans leurs cahiers des charges : le Porc noir de Bigorre, le Porc Basque ou certains parcours volaille. Plusieurs organismes travaillent actuellement à la création d’un label officiel.

 

Sources :
Association française d’Agroforesterie
https://agriculture.gouv.fr/lagroforesterie-comment-ca-marche

 

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