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« Mieux comprendre l’agriculture pour mieux consommer »

By 3 avril 2025Pas de commentaire

Ces 6 axes d’approche devraient vous permettre de mieux appréhender les filières agricoles et leurs enjeux :

1. Agriculture et alimentation : comprendre la production et la qualité des produits

L’agriculture est à la base de notre alimentation, mais savons-nous vraiment d’où viennent nos aliments et comment ils sont produits ? La qualité des produits dépend de nombreux facteurs : matières premières, terroirs, modes de production, cahiers des charges notamment des signes officiels (Label Rouge, AOP, HVE, AB…) ainsi que privés, portés par des filières ou des entreprises. Cette qualité influence directement les prix et répond aux attentes des consommateurs en matière de goût, de diversité et de saisonnalité, tout en ayant un impact sur les conditions de production par les agriculteurs.

 

2. Souveraineté alimentaire et économie locale : l’enjeu de l’origine France

Consommer des produits d’origine française, c’est soutenir l’économie, préserver l’emploi, agricole mais aussi de tous les métiers liés. L’agriculture mobilise plus de 750 000 actifs en France métropolitaine et l’agroalimentaire reste le premier secteur industriel (plus de 380 000 emplois). La souveraineté alimentaire est un enjeu stratégique face à la concurrence internationale, alors que le pays a déjà perdu des parts sur le marché mondial agroalimentaire. La production française est l’une des plus rigoureuses en termes de normes sanitaires, mais cela a un coût. Privilégier les productions nationales et réduire notre dépendance aux importations est un moyen d’assurer un équilibre des marchés et de soutenir le revenu des agriculteurs. Et pourquoi pas, quand cela est possible, se tourner vers les circuits courts pour participer à l’économie locale ?

 

3. Saisonnalité des produits : un levier pour une agriculture plus durable

Choisir de consommer des produits de saison, c’est soutenir une agriculture plus en phase avec les rythmes naturels et réduire l’impact environnemental des systèmes alimentaires. Derrière ce choix, se cache une réalité complexe : la production hors saison implique souvent des serres chauffées, des transports longue distance ou des conservations énergivores. Les analyses de cycle de vie (ACV) permettent d’évaluer précisément ces impacts, de la production à la consommation. Encourager la saisonnalité, c’est donc agir à la fois sur la durabilité des pratiques agricoles, la sobriété énergétique et la sensibilisation des consommateurs à une alimentation plus responsable.

 

4. Agriculture et développement durable : entre défis et adaptation au changement climatique

L’agriculture est à la fois victime et solution face au changement climatique. Les variations des conditions météorologiques et la multiplication des phénomènes extrêmes influencent la production, donc les coûts de production, mettant en péril la rentabilité des exploitations. Pourtant, le monde agricole innove et s’adapte, en intégrant des pratiques plus durables (agroécologie, agriculture de conservation, réduction des engrais et produits de protection des plantes…) et en recourant à des outils pour une agriculture de précision, qui s’appuie notamment sur le numérique. Cette dynamique d’innovation, l’AgTech, développe aussi des solutions pour d’autres maillons des filières, pour optimiser la logistique par exemple. Le secteur avance tout en devant concilier ses efforts avec les impératifs économiques et sociaux.

 

5. L’Agriculture au service de la société : plus qu’une simple production alimentaire

Au-delà de l’alimentation, l’agriculture fournit de nombreux services essentiels : production de matériaux agro-sourcés, développement des énergies renouvelables (agrocarburants, photovoltaïque, méthanisation) et préservation de la biodiversité et des paysages. Ces fonctions multiples montrent que l’agriculture est un acteur clé de l’aménagement du territoire et de la transition écologique, contribuant à la résilience des écosystèmes et au dynamisme des territoires.

 

6. Résilience et autonomie agroalimentaire : repenser les équilibres et répondre aux marchés

Face aux crises climatiques, sanitaires ou géopolitiques, la résilience alimentaire devient un enjeu stratégique. Elle ne se limite pas à relocaliser la production mais implique de diversifier les ressources, d’adapter les systèmes agricoles, d’imaginer de nouvelles solidarités et de sécuriser les chaînes logistiques. Pour être résiliente, l’agriculture doit aussi répondre aux attentes des marchés en matière de qualité, de régularité et de compétitivité. L’exemple de l’indépendance protéique illustre bien ces défis : réduire la dépendance aux importations de soja tout en développant des filières locales de protéines végétales permettrait à la fois de mieux maîtriser les approvisionnements, de répondre aux attentes sociétales et de créer de la valeur sur les territoires. Il s’agit ainsi de conjuguer souveraineté alimentaire, durabilité et performance économique.